5.1 Les fêtes

5.1.2 Les fêtes religieuses

La question qui a  récemment été au centre du débat en France est « Faut-il supprimer les fêtes chrétiennes au nom de l’égalité entre les religions ? ». Le calendrier français comme on l’a vu dans  5.1.1 a beaucoup de célébrations chrétiennes. Il est le fruit d’une histoire, d’une culture et est le reflet des racines chrétiennes qui font parti du patrimoine de la France. Pourtant la République est aussi un État laïc et à plusieurs reprises on a essayé de remplacer les fêtes catholiques avec des fêtes musulmanes ou juives ou d’ajouter des fêtes liées à d’autres traditions religieuses.  C’est notamment la proposition de Jacques Attali en 2013 à avoir suscité des fortes réactions. Il avait proposé de laïciser les fêtes chrétiennes en nommant Noël et Pâques « fête des enfants » et «  fête de la liberté ». D’autres propositions l’ont précédé visant à déconfessionnaliser certains jours fériés afin de permettre aux travailleurs de pouvoir y renoncer et en bénéficier à d’autres moments de l’année. Ces idées ont toujours suscité un tollé et les incendies qui ont été allumés sont souvent au cœur du débat sur la tension sociale en France.

Pour réfléchir…

  1. Qu’en pensez-vous ? Faudrait-il supprimer les fêtes catholiques et  nommer les jours fériés avec une appellation neutre ?
  2. Faudrait-il au contraire, peu importe si religieux ou non, garder cet héritage ?
  3. Faudrait-il, comme certains ont suggéré de façon un peu provocatrice, instaurer le calendrier révolutionnaire, le seul véritablement neutre ? Nous serions aujourd’hui au 13 vendémiaire 225 !

Vers l’oral interactif – Activité 1

Divisez-vous en deux groupes : les partisans de la laïcité et les partisans de la tradition. Un élève sera modérateur et assurera le bon déroulement du débat. Chaque membre du groupe devra exposer son argument en faveur ou contre les fêtes chrétiennes dans le calendrier en alternance avec les membres de l’autre groupe. Prenez vision des règles du débat de classe avant de commencer. Le modérateur fera un bilan de la discussion à la fin du débat.

Peut-on tout dire ?
Dans une démocratie, il est normal et même souhaitable que des avis différents existent sur un même sujet. Chacun doit pouvoir faire entendre son point de vue et essayer de convaincre les autres, sans pour autant leur imposer par la force une façon de penser. 
C’est cela qui permet aux pays démocratiques de vivre en paix. 
Néanmoins, on n’a pas le droit de tout dire. Les propos racistes, injurieux ou diffamatoires* sont des délits punis par la loi. 
* Des propos diffamatoires sont de fausses affirmations 

source: http://www.grandirensemble-hatier.com

Des règles à respecter
  • Je demande la parole au président de séance qui s’efforce de la distribuer équitablement.
  • Je ne parle que lorsque l’élève précédent a terminé.
  • Je ne coupe jamais la parole à celui qui parle.
  • Je ne me moque pas de celui qui a la parole.
  • J’utilise un vocabulaire correct.
  • Je n’élève pas la voix pour affirmer mes opinions.
  • Je m’exprime clairement pour que tous puissent m’entendre.
  • Je dis ce que j’ai à dire, mais je m’efforce de ne pas garder la parole pendant deux heures !
  • Je respecte les opinions différentes de la mienne.
  • Je ne déforme pas les opinions des autres pour les ridiculiser.

source: http://www.grandirensemble-hatier.com

Production écrite

Vous êtes en vacance dans un pays francophone pendant une période de festivité, vous racontez votre expérience dans un blog de voyage.
Comment écrire un blog ? Consultez la page 14.1.5 pour réviser les stratégies d’écriture du blog.

Point Grammaire

La double pronominalisation
On utilise deux pronoms personnels quand l'un représente une personne et l'autre « une chose » avec des verbes qui acceptent deus compléments : Il s'en souvient ; m'y interesse.

Zoom sur l'ordre des doubles pronoms
me, te, nous, vous, se + le, la les Combien vous l'a-t-on vendue ?
me, te, lui, nous, vous, leur, se + en Il s'en sert. Peux-tu m'en parler ?
me, te, le, la, nous, vous, le, se + y Elle pourrait s'y intéresser
le, la, les + lui, leur Je vais le lui demander

5.1.2c

Image 5.1.2c

Textes et fiches à télécharger

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Lexique thématique

  • Fête chrétienne
  • congé payé
  • laïc
  • laïcité
  • déconfessionnaliser
  • laïciser
  •  bûche de Noël
  • héritage historique
  • sapin
  • crèche

Concept

Laïcité de l’État Impartialité et neutralité de l’État à l’égard des confessions religieuses.

Source : définition de “ laïcité” par (archive)  par le Centre national des ressources textuelles

Profil de l’apprenant

Penseur: l’apprenant applique ses capacités de réflexion de façon critique.
Quelles solutions pour assurer le respect réciproque entre les confessions religieuses?

Texte 1 – Noël : La seule fête qui résiste à la crise?

Noël : La seule fête qui résiste à la crise?
Par Marc Voinchet, 2013

D’ici une semaine, les parents de France et de Navarre se poseront à l’unanimité la même question : Pourquoi…?
Pourquoi avoir acheté une flûte et un tambourin aux jumeaux de 4 ans ?
Pourquoi avoir acheté sur commande de notre fils de 12 ans ce jeu vidéo ultra violent sans en vérifier le contenu avant ?
Pourquoi avoir acheté ce dictionnaire d’étymologie à notre fille de 14 ans qui a décidé depuis de ne plus nous parler ?
Après tout, c’est important de connaître l’origine des mots, non ? Et d’ailleurs c’est quoi l’origine des cadeaux ? Pourquoi, au fond, nous faisons-nous des cadeaux à Noël et de quand date cette tradition ?
Même si nous sommes en période de crise, il semble impératif de se faire des cadeaux. Noël serait-elle la seule fête qui résiste à la crise ?

Pour décortiquer cet « esprit de Noël », et analyser les comportements des Français en cette période de fête, nous accueillons une ethnologue et anthropologue spécialiste de Noël, Martyne Perrot, qui a publié aux éditions autrement « Le cadeau de Noël, histoire d’une invention ».
Pour comprendre les enjeux économiques autour de Noël, qui devient chaque année une fête de plus en plus marchande, nous recevons l’économiste Philippe Moati, professeur agrégé d’économie à l’université Paris Diderot et co-président de l’association L’Observatoire Société Consommation (L'ObSoCo). Il est l’auteur de plusieurs ouvrages tels que L’Avenir de la grande distribution et La nouvelle révolution commerciale en 2011 aux éditions Odile Jacob. 

http://www.franceculture.fr/emission-les-matins-noel-la-seule-fete-qui-resiste-a-la-crise-2013-12-19

Noël résiste à la crise
Par Camille Lavoix, 2012

L'hypercentre échappe à la morosité économique. Animations, ouvertures des commerces le dimanche : même la fin du monde n'empêche pas les Toulousains de remplir leurs hottes de Noël.

Terrasses pleines à craquer, queues interminables… C'est le tableau du centre ville le week-end dernier, et le spectacle auquel on assistera très certainement encore samedi et dimanche prochains. Quelle est sa recette anti-crise ? La magie de Noël, à travers les illuminations et les animations, est particulièrement présente autour du Capitole. Ainsi, les animations comme les acrobates et les bulles magiques de ce week-end, attirent la foule rue Alsace Lorraine ou encore place Saint-Georges. Le beau temps invite à la balade en famille, loin des centres commerciaux que l'on réserve en cas de pluie, et les ouvertures exceptionnelles du dimanche complètent ce cocktail.

Bien sûr, les promeneurs n'achètent pas systématiquement et il y a eu beaucoup de repérage jusqu'à présent. Cependant, il ne reste plus qu'une semaine avant le grand jour et les Toulousains passent à l'achat massivement. Ainsi, chez Devred, les vendeurs déclarent qu'ils n'avaient plus toutes les tailles en rayon à cause du grand rush. Place Roger Salengo, au Flower's café c'est le même refrain : «Le week-end dernier la terrasse était pleine à craquer, on a dû refuser du monde. Par contre, je ne sais pas si on peut être aussi optimiste pour le week-end prochain, les gens partiront sûrement en vacances ou dans leur famille pour Noël.»

Les gens achètent donc toujours des cadeaux de noël mais la crise affecte leur comportement. Les commerçants sont unanimes : «Les clients comparent, réfléchissent, il n'y a presque plus d'achat pulsion.» Satisfaits, soulagés par ce week-end lucratif et cette dynamique d'achats de noël qui s'installe enfin, les commerçants de l'hypercentre parlent rarement des employés. Ces derniers déclarent à mots cachés ne pas bénéficier de ces dimanches «providentiels». Payés à peine plus ou pas plus que d'habitude, ils ne vivent pas ces jours-là comme des moments magiques. Au cinéma Gaumont, un employé rappelle qu'il est, comme ses homologues dans la restauration, soumis au travail le dimanche régulièrement sans aucune compensation.

http://www.ladepeche.fr/article/2012/12/18/1517184-noel-resiste-a-la-crise.html

Texte 2 – Le Carnaval

LE CARNAVAL
Par la Mairie de Nice, 2015

Historique
A l’origine fête païenne, "Carne levare, levamen", "enlève la chair" - définition la plus usitée du Carnaval - se déroule avant la période de carême, pendant les jours gras (Mardi-gras). C’est la dernière fête avant une période d’abstinence et de cuisine maigre, qui justifie donc tous les débordements. C’est à la Belle-Epoque que le Carnaval de Nice connaît son apogée : c’est alors le plus grand Carnaval du monde.

Depuis le début de cette décennie, l’influence des Carnavals brésiliens, caribéens, latino-américains sur les Carnavals européens et scandinaves, tout particulièrement est indéniable. La participation au Carnaval de Nice, réel carrefour international, de groupes carnavalesques du monde entier permet la découverte de la richesse, du dynamisme et de la musique d’autres Carnavals. Conséquence : les écoles de samba, les orchestres de steel-band, la salsa, remplacent peu à peu les marches et farandoles d’antan.
La fête s’imprègne de ce brassage de cultures qui a besoin de nouveaux moyens d’expression. Les arts de la rue inspirent le carnavalier, devenu artiste plasticien-scénographe.

Les Carnavaliers
Le Carnaval de Nice, l’un des plus importants du Monde par le nombre de grosses têtes, sujets et chars en carton pâte, repose complètement sur la participation des carnavaliers. Ces hommes et ces femmes qui consacrent des milliers d’heures de travail à la réalisation de leurs œuvres ne sont pas des professionnels. Ils exercent des métiers et réservent leurs loisirs à la création carnavalesque. La subvention allouée à l’issue du concours leur permet de couvrir les frais engagés. Jusqu’à ces dernières années, le système parenté-cooptation était primordial pour la formation.

Les femmes sont encore exclues de ce type de succession bien qu’elles participent activement aux différentes étapes de réalisation.
Les jeunes ont aujourd’hui, de plus en plus de mal à sacrifier leurs loisirs et les anciens passent la relève à des professionnels, nouveaux gardiens des traditions de cet art populaire.

Le thème du Carnaval est connu dès le printemps précédant, alors la "carnavalina", cette fièvre s’empare des Carnavaliers : c’est l’exaltation de la conception, de la recherche d’idée, de l’étincelle créatrice. 

Ils font alors dessiner et peindre le sujet, char ou grosses têtes, par un maquettiste. Puis, le sculpteur modèle les visages avec de l’argile. Ensuite, il fabrique le moule de plâtre que le carnavalier recouvre de plusieurs couches de papier découpés en petits morceaux et encollés d’une mixion de farine et d’eau chaude, pour donner le modèle définitif, en carton pâte, qu’il faudra maintenant peindre et habiller.
G.A Mossa et Alexandre Sidro ont imposé un style spécifique dans l’art pictural du Carnaval niçois.
Les couleurs utilisées sont éclatantes : rouge, vert, jaune, et des dégradés à l’infini. La mécanisation des chars est ingénieuse : cordes, ficelles, mais aussi des vérins hydrauliques sont utilisés pour animer les personnages.
Le carnavalier vit dans un univers de rêves et de fantasmagories qui lui permet de donner de multiples facettes à ses œuvres.

https://www.nice.fr/fr/le-carnava