Chronique d'opinion

Une chronique d’opinion présente un point de vue sur un sujet intéressant pour les médias et le public. Elle doit présenter un point de vue critique bien structuré sur un sujet d'actualité et exposer des arguments convaincants. Pour que votre texte soit percutant et accrocheur, vous devez accorder une attention toute particulière aux procédés rhétoriques pour être critique et expressif. Par vos mots, vous devez toucher, convaincre et faire réfléchir vos lecteurs.

Quelques conseils de rédaction :

  • Formulez un message clair, centré sur une seule idée ou un seul argument. Faites comprendre au lecteur, dès les premières lignes, pourquoi il devrait s’y intéresser.
  • Les points de vue provocateurs et anticonformistes ont plus de chances de retenir l’attention des lecteurs.
  • Raccrochez votre chronique à l’actualité, par exemple par un événement important, comme une décision très médiatisée de la Cour suprême ou le lancement d’un projet important d’exploration spatiale.
  • Préférez des phrases et des paragraphes courts et simples. Les lecteurs aiment un style dynamique.
  • Choisissez un titre accrocheur.
  • Utilisez un langage fort et imagé, tout en évitant les propos incendiaires.
  • Intégrez des faits pertinents et des statistiques et/ou une anecdote(petite histoire) pour étayer votre argumentation.
  • Évitez le jargon et les termes techniques; si les lecteurs peinent à comprendre votre propos, ils décrocheront.
  • Ajoutez des exemples pour aider à illustrer une affirmation et pour ajouter de la couleur à votre texte.
  • Si votre article est centré sur un problème, proposez des solutions.
  • Terminez sur une note qui renforce votre message.
Source: McGill, Salle de presse, communication institutionnelle.

Exemple d'une chronique d'opinion




François Legault impose un couvre-feu et reconduit d’autres mesures restrictives.                                                                   

Plusieurs experts estiment que cela ne suffira pas pour briser la transmission virale.

« Totalement déçu », le directeur du Département de microbiologie et d’immunologie de l’Université McGill pense qu’il aurait aussi fallu fermer écoles et usines, « lieux importants d’éclosions ».

J’imagine que ça se discute.

Chialer                                                                               

Pourtant, même si ce que François Legault a annoncé ne va pas assez loin selon plusieurs, certaines réactions me laissent pantois.

« On étouffe », « c’est pas une vie », « liberticide », « dictature », « fascisme », « destruction du Québec », etc!!!

Et ces réactions ne viennent pas de complotistes fêlés.

Je repense souvent à mon grand-père paternel, né en Espagne, dans une famille pauvre et nombreuse de cultivateurs.


À 18 ans, il prend le bateau seul pour l’Uruguay, une traversée de vingt jours. Il sait à peine lire et écrire.

Il commence comme serveur dans un restaurant. Une vie de misère et de sacrifices. Une vie d’une dureté inouïe. 

Il n’a pas revu sa famille, restée en Espagne, pendant plus de vingt ans.

Il voulait pour ses enfants ce que lui n’avait pas eu.

Une histoire banale, comme il y en a eu des millions.


On pourrait parler de ces gens qui ont défriché le Québec à la sueur de leur front.

On pourrait parler de ces mineurs dont les poumons étaient finis à quarante ans. 

On pourrait parler de ces gamins enrôlés de force pour aller combattre Hitler.

Même aujourd’hui, à l’autre bout du monde, on trouve qui ?

On trouve des gens qui affrontent des ouragans, des dictateurs sanguinaires, vivent sous un toit de tôle, n’ont pas d’eau potable chez eux, ne savent pas s’ils mangeront aujourd’hui, savent qu’ils ne vivront pas au-delà de 50 ans, savent que leurs enfants n’ont pas beaucoup de chances de connaître mieux, savent qu’ils ne recevront pas de chèque du gouvernement.

Nous, pendant ce temps, on chiale parce qu’on ne peut aller au resto, au Carrefour Laval, ou recevoir des amis.

On chiale parce qu’on est tannés* d’être dans nos maisons chauffées, confortables, souvent inutilement grandes.

On chiale parce qu’on est tannés de regarder Netflix, tannés de pitonner sur nos cellulaires, tannés de lire, d’écouter de la musique, tannés des jeux de société, tannés de travailler de la maison.

Gêné                                                                               

Nous sommes tombés bien bas moralement.                         

Nous sommes tellement gâtés, tellement nombrilistes que le rappel de ces évidences en fâche beaucoup. 

Daniel Johnson père disait : quand je me regarde, je me désole, mais quand je me compare, je me console.

Moi, quand je nous écoute brailler, je me désole, et quand je nous compare, j’ai un peu honte.

*Tannés: Fatigués ou agacés(français québécois)

Source : Journal de Montréal, « Quand je nous écoute brailler, je me désole », Joseph Facal, 10 janvier 2021

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Les conventions de la Chronique d'opinion
  • La rubrique : Chronique d'opinion      
  • le titre
  • l’attaque
  • les intertitres
  • le nom de l'auteur
  • utilisation de "je" et vouvoiement
  • ton: personnel, humoristique, sarcastique, critique
  • vocabulaire: adjectifs précis pour décrire des sentiments forts, vocabulaire de l'indignation ou du désaccord
  • phrase exclamative et interrogative
  • registre: courant ou formel

Le lexique de la chronique d'opinion

    - La rubrique "Opinion" ou "Chronique d'opinion"

Il doit être captivant ou percutant car il  donne envie de lire le texte

Il peut renseigner sur le contenu de la chronique- il peut être humoristique ou sarcastique!

"Bienvenue sur Fakebook"

"Le nouveau gang d'écolo"

"Arrêtez de nous traiter de racistes"

"Le règne des baby-boomers est terminé!"

"Morts par désinformation"

"Les jeunes ont la trouille"

Allez droit au but.

Identifiez la nature de la chronique dès l'introduction.

Énoncez immédiatement votre opinion.

Exemple:

▫ Soyons sérieux : à aucun moment, les manifestants du 6 janvier n’ont risqué de s’emparer du pouvoir aux États-Unis. 

Moi, je ne suis vraiment pas content de la décision d’instaurer un couvre-feu. 

Je trouve qu’il y a plein de zones grises, dans cette mesure.

▫ Jamais n’a-t-on vu une France aussi immobile. Pas même durant les deux guerres mondiales.

▫ Qu’ont en commun Facebook, Yahoo, Equifax, Desjardins, Uber et le gouvernement du Québec? Ils ont tous été victimes d’une fuite massive des données.

▫ Vous avez peur des changements climatiques ? Vous voulez faire votre part pour sauver la Terre ? Réjouissez-vous ! Pour la première fois, c’est le thème de l’environnement qui dominera la campagne électorale fédérale.

Le Québec, c’est la joie de vivre. Nous sommes de bons vivants et l’un des peuples les plus heureux au monde. Le Québec, c’est la fête, l’humour et les plaisirs hédonistes, de la table à manger à la chambre à coucher. C’est vrai.

Mais il y a aussi l’envers de la médaille ; 26 % des milléniaux avouent avoir déjà vécu une dépression. Vous avez bien lu, un millénial sur quatre a déjà été dépressif. Mais dans quel monde vivons-nous ?


▫ « C’était bien mieux avant. »

« On n’a plus les valeurs qu’on avait. »

« Les jeunes ne sont plus ce qu’ils étaient. »

On entend ces clichés tellement souvent que même les jeunes ont fini par le croire ! Étions-nous vraiment mieux dans le temps ?

Incroyable ! Il y a plus de jeunes que de gens âgés qui croient que « c’était mieux avant ». On s’attendait à ce que les plus vieux bougonnent en parlant du bon vieux temps. Mais, que 57 % des jeunes disent que « c’était mieux avant » est tout simplement renversant.

▫ «Les jeunes sont paresseux, irresponsables, indifférents et égocentriques.» Voici quelques clichés qu’on entend génération après génération sur les jeunes. Pourtant, sur les quatre critiques, une seule est encore vraie. Laquelle?

 ▫ La langue française, la culture québécoise et même la façon de vivre des Québécois sont en danger. La nouvelle génération des milléniaux s’intéresse moins aux enjeux identitaires et plus aux enjeux économiques. Ils s’américanisent à grande vitesse, pour le meilleur et pour le pire.

 

• Exposez vos arguments:
▫ Nous sommes la génération de l’instantanéité. Nous voulons quelque chose, nous nous le procurons en un seul clic sur internet. Nous voulons vivre des émotions et ce n’est pas le produit que nous avons acheté qui importe, mais l’expérience qu’il nous fait
vivre. 
▫ On vit dans deux mondes parallèles. Notre manière de parler, de communiquer, de consommer et de vivre est différente. Nous sommes nés avec les nouvelles technologies. Elles améliorent nos vies et nos rapports humains.
▫ L’artiste américain Andy Warhol avait raison quand il écrivait, en 1968 : « Dans le futur, chacun aura droit à ses 15 minutes de célébrité mondiale ». C’était vrai pour les baby-boomers avec l’avènement de la télévision et ça l’est encore plus aujourd’hui pour les milléniaux avec l’explosion des médias sociaux.
▫ Il faut rester ancré dans les vraies valeurs et conserver une distance avec la vie numérique.
▫ La bataille écologique n’est surtout pas une bataille entre générations. C’est une bataille pour la prochaine génération. Ban Ki-Moon, ex-secrétaire­­­ général de l’ONU, a résumé tout le débat en une seule phrase : il n’y a pas de planète B.
▫ C’est facile de faire la morale aux autres. Mais quand tu prends une douche trop longue, que tu utilises des produits non biodégradables, que tu gaspilles la nourriture, que tu roules trop vite sur la route, tu pollues aussi l’environnement. Après un spectacle en plein air, jette un coup d’œil sur les déchets que vous laissez derrière vous.
▫ Hyperconsommation, gaspillage des ressources, déréglementation­­­ climatique, gaz à effet de serre, pollution de l’eau, dégradation de l’air, et vous êtes même en train de polluer l’espace. C’est l’« ego-système », comme si votre « ego » était plus important que votre « éco ».

  

▫ Un habitant moyen des pays développés texte avec son portable Samsung de Corée du Sud, joue avec sa PlayStation japonaise, utilise le moteur de recherche Google, achète des produits étrangers sur Amazon, regarde des films américains sur Netflix, streame de la musique américaine sur Spotify et ouvre son ordinateur Lenovo de Chine pour critiquer son gouvernement qui ne fait rien pour favoriser l’économie locale.

▫ Un habitant moyen des pays développés conduit un gros véhicule utilitaire sport (VUS) et fait le plein avec du pétrole d’Arabie saoudite, du Nigeria, d’Algérie ou du Venezuela. Il achète une centaine de produits cosmétiques et de beauté, d’appareils électroniques et ménagers, de vêtements et accessoires dérivés du pétrole tout en blâmant l’exploitation du pétrole en Alberta.

▫ C’est dans le milieu étudiant qu’on retrouve le niveau de racisme le plus faible (12 %). Plus on est jeune et instruit, moins on a un comportement raciste.

▫ Ce sont les gens qui vivent le plus loin des immigrants, chez qui le racisme est le plus élevé. Bizarre de constater que plus on vit loin des immigrants et plus on se sent menacé.

▫ C’est également fascinant de découvrir dans un sondage que plus on a voyagé dans le monde, plus on apprécie les gens issus des communautés. On dit que les voyages forment la jeunesse.

▫ Ce n’est pas l’immigrant qui fait peur, mais la religion que porte l’immigrant. D’ailleurs, 67 % des gens qui disent que les immigrants ont un impact négatif sur leur pays l’imputent à la religion et non à leur provenance. 

Concluez de manière à encourager la réflexion chez le lecteur.
Concluez avec force.
▫ Les jeunes n’ont pas de retenue sur internet et sur les médias sociaux. Non seulement ils devraient se méfier des autres, mais ils devraient surtout se méfier d’eux-mêmes.
▫ Le premier ministre de l’Environnement, disait qu’il fallait y mettre toute son ÂME pour vraiment changer les choses. C’est-à-dire d’avoir une Attitude Mentale Environnementale.
 
▫ Plus on vieillit et plus on est heureux. Le bonheur est donc devant vous..
▫ La vraie différence, c’est qu’on dit la vérité alors que vous aimez mieux vous cacher derrière de beaux principes. Il faut d’abord sauver sa peau pour sauver celle des autres.
▫ Nous avons aussi besoin de nous sentir respectés. Il ne faut pas s’excuser d’exister.
▫ Vous êtes passés d’enfants-rois à consommateurs-rois et vous pouvez maintenant devenir des citoyens-rois. Nous, les baby-boomers, n’avons pas réussi à changer le monde, mais vous, les milléniaux, vous êtes capables de le faire. Par votre poids démographi­que et par votre habileté technologique, vous avez le pouvoir de changer le monde. Jusqu’où irez-vous?
▫ En espérant avoir ouvert un peu plus le débat au sujet de... et en attendant de lire les reactions d'autres lecteurs, cordialement.
[Auteur] [ville]

Production écrite

Niveau Moyen: Réalisez une des tâches suivantes. Écrivez entre 250 et 400 mots.

1. Vous en avez assez d'entendre les adultes autour de vous parler négativement des valeurs de la génération des milléniaux. Écrivez un texte qui sera publié dans un journal,  pour exprimer votre opinion.

2. Les parents et les professeurs disent sans arrêt que les jeunes sont très dépendants de la technologie et qu'ils font une utilisation excessive de leurs portables et écrans. Écrivez un texte qui sera publié dans un journal,  pour défendre votre point de vue.


Niveau Supérieur: Réalisez une des tâches suivantes. Écrivez entre 400 et 600 mots.

1. Dans votre voisinage, certaines personnes se disent écolo mais ils ont des comportements et un style de vie complètement contraires à l'écologie. Écrivez un texte qui sera publié dans un journal,  pour dénoncer ce type de comportement.


Source: Le Journal de Montréal(Cliquez pour accéder au site)


Last modified: Sunday, 10 January 2021, 5:29 PM