L'identité

4.1.1 Nous et les autres

La question de l’identité repose sur la question «  qui suis-je ? ». Or l’individu n’est pas seul, il vit dans une société, il se définit aussi dans un groupe et par le groupe auquel il appartient. D’où la question « qui suis-je dans le groupe ?  ». Cette notion d’identité de groupe donne naissance à la notion d’identité culturelle.
L’idée de culture nait au 18ème siècle comme une sorte d’essence qui colle aux peuples, c’est le « génie » des peuples plus rationnel en France (le siècle de Lumières), plus irrationnel en Allemagne ( l’élan patriote du romantisme).
Au 19ème siècle ce concept se développe et chaque groupe social est sa propre culture, c’est l’idée de l’identité culturelle qui correspond à l’État –Nation qui s’affirme en Europe. L’État étant constitué par un peuple et un territoire sur lequel il exerce une souveraineté et la Nation étant cette essence culturelle qui constitue le peuple.
C’est au nom de cette identité culturelle que se feront les guerres du 20ème siècle. Or ce concept sera remis en question  en disant que la culture ne préexiste pas aux individus et c’est à la fois stable et en mouvement, la culture évolue avec les individus.
Au 21ème siècle l’identité culturelle est considérée un paradis perdu. La quête de soi devient une recherche d’authenticité. Mais la notion d’identité ne peut être définie qu’au nom de l’altérité. La perception de la différence est la preuve de l’identité, d’où le concept de diversité culturelle. La mécanique de l’identité et donc de la diversité est celle de l’attirance mais aussi du rejet de l’autre perçu comme idem (identique) ou différent.

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Pour réfléchir…

Dans sa biographie le peintre Marc Chagall publie le dessin ci –dessus pour définir son identité et sa patrie.
Que pensez-vous de cet autoportrait ?
Partagez –vous l’idée de cet artiste qui a fuit son pays et s’est exilé dans plusieurs pays, que « chez nous » est dans notre esprit ou dans notre âme ?
Avez vous eu une expérience similaire ou différente ? Si différente, en quoi ?

Pour commencer…

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Il n’est pas toujours évident de définir notre identité. On peut aisément comprendre que l’identité nationale ne constitue qu’un aspect d’une multiplicité de facettes qui constituent et contribuent à notre identité. En groupe essayez de répondre à la question posée et ensuite interrogez-vous au sujet de l’identité nationale. Sommes-nous le résumé de notre culture nationale ? Quels sont les autres facteurs déterminant notre identité ?
En suite lisez le texte 1 sur « Les français vus par les français ». Comment les français se voient eux mêmes ?
Le chauvinisme  ne serait-il pas une exaspération du sentiment d’appartenance et de rejet ?

Le saviez-vous?

Le mot « chauvin » à l’origine désignait un soldat enthousiaste qui en dépit de la mutilation et la souffrance ne cesse pas son combat pour sa patrie. Cette légende militaire remonte au 1er empire lorsque se répand la nouvelle du soldat Nicholas Chauvin ayant perdu trois doigts pendant la bataille.
D’où les termes chauvin et chauvinisme désignant une admiration exagérée et inconditionnelle pour la patrie.
À l’origine de la diversité culturelle il y a la perception de nous par rapport à ceux qu’on désigne comme les  « autres ». Cela peut se manifester au niveau local, régional, national ou international. Mais qu’est-ce que la culture ? Selon le dictionnaire Larousse c’est un ensemble de phénomènes matériels et idéologiques qui caractérisent une civilisation, une nation ou un groupe social. La culture est constituée par la langue, le canal d’expression privilégié d’une civilisation, les valeurs partagées, les traditions et coutumes, l’histoire et le patrimoine artistique, les artefacts culturels mais aussi ce qu’on appelle l’implicite culturel. Celui-ci n’est qu’un propos dit ou non-dit présupposé et incompréhensible à ceux qui n’appartiennent pas à la même culture. Il est souvent à la base de malentendus culturels entre gens de différentes cultures et pour cela joue un rôle essentiel dans l’apprentissage d’une langue étrangère notamment dans le développement des compétences interculturelles.
Les gestes, les bises ou serrer la main selon les situations, certains expressions ou comportements attendus sont des exemples d’implicite culturel.
Commençons par les gestes. Les français les attribuent en général aux italiens mais ils parlent aussi avec leurs mains et avec le langage du corps.
Pour décrypter les gestes des français, regardez les trois vidéos qui vous aident à les visualiser :

10 gestes et expressions françaises:

Un autre geste qui souvent s’accompagne de l’expression : » Mon œil ! » pour dire « je ne te crois pas du tout » est aussi très diffusée.

Que dit-on avec les mains dans votre propre pays ? Avez-vous pu  comprendre tous les gestes qui ont été présentés ?
Un autre exemple d’implicite culturel est la bise, un geste intime de salutation dans un contexte amical qui est source de confusion. Combien de bises ? Figurez-vous que français eux-mêmes sont parfois confus. En France on a crée un site pour savoir combien de bises il faut faire !

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Dans votre pays y-a-t-il autant de diversité en termes de salutations ?

Vers l’oral interactif…

Avant de commencer l’activité, analysez le diagramme circulaire ci-contre:

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Rappelez-vous que le verbal sont les mots qu’on prononce, l’extra- verbal et le para-verbal c’est le ton, l’intonation, le débit, le rythme, les pauses d’un énoncé et le non-verbal c’est la posture, les gestes.
Trouvez-vous cette analyse de la communication surprenante?
Pensez-vous que l’élément  culturel joue un rôle important dans le para-verbal et extra-verbal? 
Choisissez un aspect de l’implicite culturel le plus caractéristique de votre culture, proposez-le et discutez dans votre groupe. Mutualisez en suite avec le reste de la classe. Évaluez: quel aspect vous semble le plus difficile à comprendre pour un étranger sans avoir développé des compétences interculturelles ?

Video

Finalement regardez l’extrait vidéo ci-contre tiré de l’interview à l’écrivaine belge Amélie Nothomb qui a inspiré le  film « Tokyo fiancée »  et répondez par la suite aux questions de la fiche texte 2.

screen

Vers l’oral individuel…

Choisissez d’abord un titre qui mieux convient au stimulus visuel parmi ceux proposés. Créez vos questions guide après avoir décrit l’image. Exposez en suite après 10 minutes de préparation.
« Faire la bise ou serrer la main ? » ;
« Les français au travail » ;
« Une perspective interculturelle » ;
« Un regard sur la diversité culturelle » 

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Textes et fiches à télécharger

Texte 1
Texte 3
Fiche texte 1 Word | PDF
Fiche texte 2 Word | PDF
Fiche texte 3 Word | PDF

Texte 1 NS
Texte 2 NS
Fiche texte 1 NS Word | PDF
Fiche texte 2 NS Word | PDF

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Lexique thématique

  • État
  • Nation
  • Minorité
  • Implicite culturel
  • Chauvin
  • Quête d’identité
  • Valeur 
  • Valeur partagée 
  • Bise
  • Rejet
  • Attirance
  • Civilisation
  • Malentendu culturel
  • Chez nous

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Théorie de la connaissance

Dans quelle mesure l’identité a-t-elle besoin de la culture ? Chez les humains l’identité est intériorisée : elle désigne à la fois d’être soi et de se savoir membre d’un groupe. Dans quelle mesure la culture contribue à déterminer l’identité de chacun ?
Quoi de ceux qui sont entre-deux-cultures ? Peut-on parler de double identité ?

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Profil de l’apprenant

Être ouvert d’esprit consiste à comprendre les enjeux d’une société multiculturelle et à mettre en valeur les compétences interculturelles acquises

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CAS

Étant élève d’une école internationale vous allez promouvoir une journée qui célèbre l’identité culturelle des nationalités représentées dans votre établissement. Cette journée sera organisée dans les moindres détails par le comité organisateur dont vous faites partie.

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Souvent il suffit de dire « Bonjour ! » mais le choix n’est parfois si évident même pour les locuteurs natifs ! 

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Le saviez- vous ?

Serrer la main pour se saluer est un geste interdit par la religion musulmane dans certaines conditions: un homme n’a pas le droit de serrer la main d’une femme, exception faite pour les vieilles femmes ou les enfants. Cela a posé un problème en Suisse où les élèves dans les écoles saluent leurs professeurs en signe de respect avec une poignée de main. Une loi récente a disposé l’obligation pour les élèves de ne pas refuser de serrer la main de leur enseignant(e). Cela en raison du fait que «L'intérêt public concernant l'égalité entre femme et homme aussi bien que l'intégration de personnes étrangères l'emportent largement sur la liberté de croyance des élèves».

Texte 1 – Si douce France

Si douce France
Par Christian Roudaut

La France, un pays où il fait bon vivre et... débattre, disent aussi les étudiants étrangers. Même nos péroraisons de comptoir et cette manie d'avoir un avis tranché sur tout (disent-ils) trouvent grâce à leurs yeux. "Je viens de Barcelone mais je ne m'intéresse pas du tout au football", confesse Gerard Sole, en stage de fin d'études chez Alstom en région parisienne. "J'en ai marre d'en entendre tout le temps parler en Espagne. Ici, les gens abordent spontanément des sujets comme la culture ou la politique." En master de science politique à l'université Paris-VIII (Vincennes-Saint-Denis), la Brésilienne Roberta Lima, 30 ans, fait peu ou prou le même constat : "Comparée à mon pays, la politique est très présente dans les discussions. Quand on va à une fête en France, les gens en parlent naturellement. Au Brésil, ça ennuie tout le monde, on vous dira : "La politique c'est toujours la même chose." Ici, il y a une grande conscience politique."

Le débat public s'est peut-être appauvri en France, où il est de bon ton de dénoncer l'indigence de la pensée. Il faut croire néanmoins que l'herbe intellectuelle reste moins verte ailleurs. A tort ou à raison, le pays des Lumières continue d'être perçu comme cette terre où l'on s'autorise encore à philosopher. Récemment débarqué de New York pour boucler sa thèse sur Jacques Derrida, Donald s'émerveille de la place réservée à la discipline qu'il étudie : "La philosophie s'intègre dans la société. On trouve tous les livres des grands philosophes en librairie, aux Etats-Unis il faudrait les commander en ligne. Quant aux cafés philo, c'est un concept qui nous paraît très bizarre à nous Américains !" Un peu à la manière d'Usbek dans les Lettres persanes, racontant ses étonnantes découvertes à Paris, Donald envoie des courriels ébahis outre-Atlantique pour raconter, à qui veut le croire, que la philo s'enseigne dès le lycée en France ! "C'est peut-être le seul pays à le faire et je trouve ça formidable."

Ce timide Américain exerce son français encore hésitant dans les locaux de l'association Equipes d'accueil et d'amitié pour les étudiantes et étudiants étrangers, à deux pas du Musée d'Orsay. Des bénévoles grisonnants y donnent quelques heures de leur temps pour leur faire pratiquer la langue et débusquer les fautes de syntaxe dans les thèses et les mémoires. A Donald qui raconte que de sa chambre de bonne, il aperçoit chaque week-end les cortèges de manifestants s'ébranlant de la place de la République, un septuagénaire un peu taquin répond : "Tu devrais te joindre aux défilés, c'est une façon d'améliorer ton français." Riposte du thésard new-yorkais sur le même ton badin : "Je ne peux pas, je n'ai pas de bonnet rouge."

Les mouvements sociaux à la française suscitent invariablement la même réaction ambivalente. Les étudiants étrangers admirent l'esprit de résistance des Français, des "indignés" et des sans-culottes dans l'âme. En même temps, ils décèlent dans ce goût prononcé pour les barricades une forme de conservatisme révolutionnaire. Arc-boutés sur leurs fameux acquis sociaux, les Français bloqueraient systématiquement les réformes avec le risque de tout perdre faute d'accepter les adaptations nécessaires.

http://www.lemonde.fr/m-actu/article/2014/01/03/si-douce-france_4341969_4497186.html#Ci8HoFT16f3iV3us.99

Texte 3 – Faute

Serres est marqué sur ma carte d’identité. Voilà un nom de montagne, comme Sierra en espagnol ou Serra en portugais ; mille personnes s’appellent ainsi, au moins dans trois pays. […1…] Michel, une population plus nombreuse porte ce prénom. Je connais pas mal de Michel Serres : j’appartiens à ce groupe, comme à celui des gens qui sont nés en Lot-et-Garonne.

[…2…], sur ma carte d’identité, rien ne dit mon identité, mais plusieurs appartenances. Deux autres y figurent : les gens qui mesurent 1,80 m, et ceux de la nation française. Confondre l’identité et l’appartenance est une faute de logique, réglée par les mathématiciens. Ou vous dites a est a, je suis je, et voilà l’identité ; ou vous dites a appartient à telle collection, et voilà l’appartenance. Cette erreur expose à dire n’importe quoi. Mais elle se double d’un crime politique : le racisme. Dire, en effet, de tel ou tel qu’il est noir ou juif ou femme est une phrase raciste parce qu’elle confond l’appartenance et l’identité. Je ne suis pas français ou gascon, mais j’appartiens aux groupes de ceux qui portent dans leur poche une carte rédigée dans la même langue que la mienne et de ceux qui, parfois, rêvent en occitan. Réduire quelqu’un à une seule de ses appartenances peut le condamner à la persécution.

Or cette erreur, or cette injure nous les commettons quand nous disons : identité religieuse, culturelle, nationale… Non, il s’agit d’appartenances. Qui suis-je, […3...]. Je suis je […4…]; je suis aussi la somme de mes appartenances que je ne connaîtrai qu’à ma mort, car tout progrès consiste à entrer dans un nouveau groupe : ceux qui parlent turc, si j’apprends cette langue, ceux qui savent réparer une mobylette ou cuire les œufs durs, etc. Identité nationale : erreur et délit.

*Michel SERRES Professeur à la Stanford University, membre de l’ Académie française.

                                             Michel Serres, Libération, 19 Novembre 2009

Texte 1 NS – Entre deux cultures

Mais déjà le professeur reprenait la situation en main en martelant:

-     C’est le tsar qui a été responsable de la terrible bousculade sur le champ de Kodhinka, des milliers de gens écrasés. C’est lui qui a ordonné d’ouvrir le feu sur la manifestation pacifique du 9 janvier 1905- de centaines de victimes. C’est son régime qui s’est rendu coupable des massacres sur le fleuve Léna-102 personnes tuées! D’ailleurs ce n’est pas un hasard si le grand Lénine s’est appelé ainsi- il voulait par son pseudonyme même fustiger les crimes du tsarisme!

-       Ce qui m’impressionna le plus, ce n’était pas le ton véhément de cette diatribe. Mais une question déroutante qui se formula dans ma tête pendant la récréation tandis que les autres élèves m’assiégeaient de leurs railleries (“ Regardez! Mais il a une couronne ce tsar!” criait l’un d’eux en me tirant les cheveux). Cette question, en apparence, était toute simple: “ Oui, je sais, c’était un tyran sanguinaire, c’est écrit dans notre manuel. Mais que faut-il faire alors de ce vent frais sentant la mer qui soufflait sur la Seine, de la sonorité de ces vers qui s’envolaient dans ce vent, du crissement de la truelle d’or sur le granit - que faire de ce jour lointain? Car je ressens son atmosphère si intensément !”

-       Non, il ne s’agissait pas pour moi de réhabiliter ce Nicolas II. Je faisais confiance à mon manuel et à notre professeur. Mais ce jour lointain, ce vent, cet air ensoleillé? Je m’embrouillais dans ces réflexions sans suite mi- pensées, mi- images. En repoussant mes camarades rieurs qui m’agrippaient et m’assourdissaient de leurs moqueries, j’éprouvais soudain une terrible jalousie envers eux: “ comme c’est bien de ne pas porter en soi cette journée de grand vent, ce passé si dense et apparemment si inutile. Oui, n’avoir qu’un seul regard sur la vie. Ne pas voir comme je vois…”

-       Cette dernière pensée me parut tellement insolite que je cessais de repousser les attaques de mes persifleurs, me tournant vers la fenêtre derrière laquelle s’étendait la ville enneigée.

Donc, je voyais autrement ! Était-ce un avantage? Ou un handicap, une      tare? Je n’en savais rien. Je cru pouvoir expliquer cette double vision par mes deux langues : en effet quand je prononçais en russe “царь”, un tyran cruel se dressait devant moi; tandis que le mot “tsar” en français s’emplissait de lumières, de bruits, de vent, d’éclats de lustres, de reflets d’épaules féminines nues, de parfums mélangés […].

Je compris qu’il faudrait cacher ce deuxième regard sur les choses, car il ne pourrait susciter que les moqueries de la part des autres.

Andreï Makine, Le testament français, Mercure de France, 1995

Texte 2 NS – Le sentiment d’appartenance

Vingt-cinq ans, cet automne, que j’habite en France. Je suis arrivée en 1973 et là, à l’heure où j’écris, nous sommes en 1998. Un quart de siècle: […] plus de la moitié de ma vie. Si j’étais née en 1973 je serais déjà une adulte, une jeune femme de 25 ans. Mais voilà, ah, c’est là que le bât blesse, je ne suis pas née en 1973 et ce n’est pas, mais alors pas du tout la même chose que de passer dans un pays les premières ou vingt-cinq autres années de sa vie.

Le Nord, le Grand Nord a laissé sur moi sa marque indélébile. À quoi ressemble cette marque et de quelle nature est-elle? Et en quoi suis-je encore l’enfant de mon pays? En tout : pour la simple raison que j’y ai passé mon enfance. Or rien ne ressemble à l’enfance. On n’en a pas deux, et, quoi qu’on en dise, même avec la maladie d’Alzheimer, on n’y retombe pas.

Même si je vis en France depuis plus longtemps que, par exemple, mes enfants […], je ne serais jamais aussi française qu’eux. Dans la famille tout le monde est français mais, c’est comme l’égalité, il y en a qui sont plus français que d’autres. Nés en Franc, les rejetons d’une Canadienne et d’un Bulgare sont français sans problèmes et sans complexe […].
“Vous sentez-vous française maintenant ?” me demande-t-on souvent ( les expatriés : éternellement exposés à des questions stupides ).
Cela voudrait dire quoi, se sentir français ? À quoi le reconnaîtrais-je, si ça devait m’arriver un jour ?
On peut conférer aux autres être d’origine étrangère la nationalité française, les “naturaliser” comme on dit pour les animaux que l’on empaille, on peut leur donner des diplômes français, des honneurs français, voire l’immortalité française… Ils ne seront jamais français parce que personne ne peut leur donner une enfance française.

Nancy Houston, Nord Perdu, Actes Sud,1999