4.3 L'immigration

4.3.1 Les politiques d'accueil

Depuis un certain nombre d’années les dynamiques migratoires ont changé. Les profondes mutations des flux migratoires dans les derniers quarante ans concernent soit le nombre croissant des migrations internes soit la direction de ces flux qui s’orientent aujourd’hui autant vers le Nord que vers le Sud de la planète. Les raisons de migrer sont tout aussi diversifiées: fuir la pauvreté, trouver un refuge, une formation ou un emploi qualifié.  De plus, même dans les pays du vieux continent les jeunes connaissent une mobilité auparavant inconnue à leurs ainés et s’installent souvent à l’étranger. 

Pour commencer…

Observez les documents de 1 à 6 et attribuez un titre à chaque document parmi ceux proposés :

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Ici et ailleurs en même temps - “ Vos Papiers ! ” - Motifs d’accueil - Nomades - Motifs de départ - débat sur l’attribution de la nationalité.

Répondez aux questions ci-contre après avoir relu les documents:

  • Quels avantages et inconvénients voyez-vous dans le concept de “mobiquité”?  (document 2)
  • Reformulez ce nouveau concept (document 2)
  • Expliquez la caricature de Plantu (document 3)
  • De quel spectacle est-il question dans le document 4?
  • Relisez les résultats du sondage sur les jeunes français et comparez-les avec les vôtres ? Êtes-vous plus ou moins prêts à vous expatrier ? (document 1)

L’immigration est souvent associée à la clandestinité et est un des sujets les plus débattus et à la une de l’année 2015 notamment en Europe où les démarches et les politiques d’accueil sont remises en question.

screenshot

Que pensez-vous de cette info-animée ?Que pensez-vous de la prise en charge de cette immigration clandestine ? La frontière méditerranéenne est-elle européenne ou nationale ?

Un immigré est toute personne née de parents étrangers à l’étranger et qui réside sur un territoire étranger.  Une fois arrivés dans le pays de destination les immigrés sont confrontés à des politiques d’accueil qui diffèrent selon les pays. L’étude de Laetitia Van Eeckhout dans son ouvrage “L’immigration” (collection Débat Public, 2006) définit clairement les notions essentielles des débats sur l’immigration et des enjeux de l’accueil.

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Activité 1

Relisez le texte 1 dans textes et fiches à télécharger et relevez la thèse de l’auteur. Relevez par la suite les nouveaux obstacles à la libre circulation  et indiquez quel est le ton adopté par l’auteur Benoît Bréville.

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Pour refléchir...

Regardez l’image ci-dessus 4.3.1n et posez-vous ces questions en essayant de trouver une réponse, en suite mettez en commun.

  • Quelle situation est dénoncée dans la caricature ?
  • Qui sont les Messieurs dans le bateau ?
  • Quel est le but de la caricature ?
  • Proposez une autre légende pour la caricature.

4.3.1a

Image 4.3.1a

Textes à télécharger

Texte 1
Texte 1 NS
Texte 2 NS
Activités 1-4 Word | PDF
Fiche texte 1 Word | PDF
Fiche texte 1 NS Word | PDF
Fiche texte 2 NS Word | PDF

4.3.1h

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Lexique thématique

  • Sans papiers
  • Clandestin
  • démarche
  • demandeur d’asile
  • droit d’asile
  • mobilité
  • voyageur
  • frontière
  • barrière
  • en exil
  • nomade
  • apatride
  • délocaliser
  • rapatrier
  • sédentariser
  • accueil
  • insertion
  • intégration
  • assimilation

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Théorie de la connaissance

Comprendre et saisir la dynamique des représentations sociales dans une situation multiculturelle engendrée par l’immigration en plein essor joue un rôle important pour la cohésion sociale, pour orienter et déterminer les conduites sociales. Le clivage identité/alterité joue-t-il un rôle d’après vous ? 

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Profil de l’apprenant

Être investigateur consiste à mener des recherches et à connaître la réalité qui nous entoure, à distinguer entre l’immigration pour des raisons purement économiques et celle pour des raisons politiques.

CAS

Créez un depliant informatif pour les expatriés francophones ou demandeurs d’asile de votre pays . Informez-vous sur les centres d’accueil des demandeurs d’asile de votre pays et pour en savoir plus visitez le site du Centre d’accueil de Bruxelles en Belgique.

http://fedasil.be/fr/center/Bruxelles-Petit-Chateau

 

4.3.1n

Image 4.3.1n – Indifférence des Institutions ?

Activité 2

Lisez à haute voix le texte ci-contre et complétez les phrases avec les mots suivants.

droit d'asile - nomade - sédentariser - délocaliser - rapatrier - en exil - apatride

  • Les inconditionnels du voyage ont choisi une vie (1)… mais certains d’entre eux ont décidé de se (2)… .
  • Un (3)… est une personne qui, ayant perdu sa nationalité, n’en a pas légalement acquis une autre.
  • Il a traversé clandestinement la frontière et a demandé le (4)… au pays voisin.
  • Cette Maison spécialisée dans la manufacture des vêtements de qualité a entrepris la (5)… de la fabrication de ses produits.
  • Suite à la rupture des relations diplomatiques entre les deux États, le gouvernement a décidé de (6)… ses ressortissants.
  • Napoléon a passé plusieurs années de sa vie (7)… sur une île.

Activité 3

Complétez le texte ci-contre sur l’acquisition de la nationalité française avec les mots suivants:

a résidé - immigrés - majorité - acquis - filiation - parents - législation - naît - double - naissance

La (1)… accorde la nationalité française à la naissance par (2)… , lorsqu’un des deux (3)… est Français au moment de la naissance, ou par (4)… en France de l’enfant et de l’un de ses parents. En revanche, un enfant né de deux parents (5)…, dont aucun n’a (6)… la nationalité française  à sa naissance, ne (7)… pas Français. La nationalité française est alors obtenue de plein droit à la (8)… de l’enfant , si celui-ci (9)… au moins cinq ans en France depuis l’âge de 11 ans.

Utilisez ce texte comme modèle pour expliquer comment acquérir la nationalité dans votre pays d’origine.

Activité 4

Complétez le témoignage de Abdul sur ses démarche administratives avec les mots suivants :

passeport - dossier - carte de séjour - démarches - formulaires - avis favorable - motivations - entretien - expatrié - visa - naturalisation - pièces justificatives

“ je suis né à Rabat d’une mère marocaine et d’un père (1)… belge.  Je suis arrivé en France à 8 ans et j’y ai fait toute ma scolarité. Jusqu’à la majorité, je devais procéder au renouvellement de ma (2)…tous les ans. Puis, lorsque je me suis pacsé avec une Française, j’ai demandé ma (3)… pour obtenir un (4)… français qui m’a permis de voyager en Europe sans (5)… .

Les (6)… n’ont pas été simples : il a fallu que j’envoie à la préfecture un (7)… avec des (8)… complétés et des (9)…. Enfin, j’ai passé un (10)… qui devait vérifier ma connaissance de la culture française et mes (11)… . Le dossier est allé au ministère puis est revenu avec un (12)… . Cela a duré plus d’un an !

Production écrite:

Vous êtes en train de rédiger votre demande de visa pour un sejour à l’Université de Rabat. Vous recopiez cette lettre et la complétez avec les expressions indiquées. Consultez la page 14.1.2 pour réviser les stratégies d’écriture de la lettre formelle.

Lettre de demande visa

Je vous prie d’agréer - Vous serais reconnaissant de demander - me permets de vous adresser - sollicite - en vous souhaitant une bonne réception

……………………Expéditeur : nom et adresse

                                                          Consulat général de Maroc à ….Destinataire : nom et adresse

Objet Motif de la lettre : demande d’un visa de court séjour

…., le 4 septembre 2016Lieu et date

 

Je, soussigné ……….., de nationalité …………, né(e) le ………….. à …………………, célibataire,  ____________________________ par la présente votre bienveillance pour l’obtention d’un visa de court séjour. J’ai en effet l’intention de passer 4 semaines au Maroc du 1 au 28 août .

Je ___________________ un tel visa au motif que je souhaiterais fréquenter une formation à l’Université de Rabat qui me permettra de …..
Je pourrai de fait être hebergé dans le campus universitaire.
Ayant préalablement contacté vos services par téléphone , Je …………………….
D’ores et déjà les pièces justificatives demandées, à savoir :

  • une copie de la carte étudiant
  • mon attestation d’hébergement au Maroc
  • mon bulletin de paiement des frais universitaires
  • mon attestation d’assurance soins/rapatriement

………………………………… à ma présente demande et restant à votre disposition pour vous fournir des plus amples renseignements, …………………………………… ,

Madame, Monsieur, l’expression de mes salutations distinguées.Conclusion

                             ……………………………….signature

Texte 1 – Les deux manières de se perdre

La rengaine se récite sans peine : nous vivons dans un village planétaire où les nouvelles technologies, le commerce, la finance, mais aussi l’information, le sport et la culture ont fait voler en éclats les barrières nationales. Mobilité, fluidité, adaptabilité, le tiercé semble paré de toutes les vertus et chaque métier peut désormais revendiquer le label « sans frontières ». Médecins, pharmaciens, reporters, électriciens, architectes, archivistes... « On ne donne pas cher des professions et associations qui oublieraient sur leur carte de visite ce “Sésame, ouvre-toi” des subventions et des sympathies. “Douanier sans frontières”, c’est pour demain », ironise un intellectuel français.
Pourtant, loin du « décloisonnement » tant vanté, des séparations de toutes sortes (physiques, culturelles, symboliques...) continuent de fragmenter les sociétés. Dans les villes, les nantis se barricadent dans des gated communities, lotissements-bunkers et résidences privées où alarmes, vigiles, digicodes et caméras de surveillance veillent à leur quiétude ; ils protègent la réputation de leurs écoles grâce à une carte scolaire aux contours rigides qui enferme les jeunes des quartiers populaires dans des « zones urbaines sensibles » au découpage géométrique.Lors de ses loisirs ou sur son lieu de travail, il est rare qu’un cadre supérieur croise un ouvrier : au sein d’un même pays, l’entre-soi domine, le fossé social se creuse.

Quant aux frontières nationales, elles n’ont pas davantage disparu. Au centre de multiples conflits territoriaux, elles se sont même étendues — depuis 1991 et l’implosion de l’URSS, plus de vingt-sept mille kilomètres de frontières ont été créés dans le monde, venant s’ajouter aux deux cent vingt mille kilomètres déjà existants — et renforcées. Aux quatre coins de la planète, des dizaines de milliers de policiers et de militaires, fusil en main, empêchent le passage d’intrus. Entre l’Ouzbékistan et le Kirghizstan, l’Inde et le Bangladesh, le Botswana et le Zimbabwe, les Etats-Unis et le Mexique, des murs se dressent pour écarter les voisins indésirables.

Mais ils n’arrêtent pas les migrations : ils les filtrent. Minutieusement gardée, avec sa barrière haute de cinq mètres, ses mille huit cents tours de surveillance et ses vingt mille agents de sécurité, la frontière américano-mexicaine est aussi la plus souvent franchie au monde, en toute légalité, avec plus de cinquante millions de passages par an. Même le mur israélien, construit pour encercler le peuple palestinien, abrite trente et un points de passage . Puisqu’il est impossible d’empêcher le mouvement des hommes, faut-il lever toute entrave à la liberté de circulation ?
Soulever cette question peut conduire à découvrir d’étonnantes convergences. Soucieux de préserver un droit humain fondamental, une grande partie des altermondialistes plaident pour une « politique ouverte de l’immigration », afin d’en finir avec des contrôles jugés aussi inutiles et dangereux que coûteux et inefficaces. A l’opposé du spectre politique, les porte-voix du néolibéralisme proposent la même réponse, mais avec d’autres arguments. Selon eux, la disparition progressive des frontières économiques, à grand renfort d’accords de libre-échange et autres unions douanières, doit s’accompagner d’une libéralisation des mouvements de population. Une telle mesure permettrait à l’économie mondiale de « s’enrichir de 39 000 milliards de dollars en vingt-cinq ans  », prophétise même l’économiste Ian Goldin, ancien vice-président de la Banque mondiale. C’est même au nom du « développement des entreprises » que le patronat britannique s’est opposé au gouvernement conservateur, son allié habituel, quand celui-ci a proposé de limiter les flux migratoires ...

La convergence entre banquiers d’investissement et militants progressistes s’explique en partie par l’ambivalence des frontières, qui partagent les peuples et les cultures en même temps qu’elles les rassemblent et les préservent ; qui sont source de guerres, mais constituent des espaces d’échanges, de négociations, de rencontres culturelles, diplomatiques, commerciales. Menaçantes et protectrices, elles cristallisent les « deux manières de se perdre » définies par Aimé Césaire, « par ségrégation murée dans le particulier et par dilution dans l’universel ».

http://www.monde-diplomatique.fr/mav/128/BREVILLE/48908

Texte 1 NS – Le testament français

En cet automne-là, vingt ans me séparaient du temps de Saranza. Je me rendis compte de cette distance – de ce sacramentel « vingt ans après » – le jour où notre station de radio diffusa sa dernière émission en russe. Le soir, en quittant la salle de rédaction, j’imaginai une étendue infinie, béante entre cette ville allemande et la Russie endormie sous les neiges. Tout cet espace nocturne qui résonnait, encore la veille, de nos voix s’éteignait désormais, me semblait-il, dans le grésillement sourd des ondes vacantes… Le but de nos émissions dissidentes et subversives était atteint. L’empire enneigé se réveillait, s’ouvrant au reste du monde. Ce pays allait bientôt changer de nom, de régime, d’histoire, de frontières. Un autre pays allait naître. On n’avait plus besoin de nous. On fermait la station. Mes collègues échangèrent des adieux artificiellement bruyants et chaleureux et s’en allèrent chacun de leur côté. Certains voulaient refaire leur vie sur place, d’autres plier bagage et partir en Amérique. D’autres encore, les moins réalistes, rêvaient du retour qui devrait les mener sous la tempête de neige d’il y a vingt ans… Personne ne se faisait d’illusions. Nous savions que ce n’était pas seulement une station de radio qui disparaissait, mais notre époque elle-même. Tout ce que nous avions dit, écrit, pensé, combattu, défendu, tout ce que nous avions aimé, détesté, redouté – tout cela appartenait à cette époque. Nous restions devant ce vide, tels des personnages en cire d’un cabinet de curiosités, des reliques d’un empire défunt.

Dans le train qui m’amenait à Paris, je tentai de donner un nom à toutes ces années passées loin de Saranza. […] Ces années n’étaient qu’un long voyage auquel je réussissais, de temps en temps, à trouver un but. Je l’inventais au moment du départ, ou déjà en route, ou même à l’arrivée quand il fallait expliquer ma présence ce jour-là, dans cette ville-là, dans ce pays plutôt que dans un autre.

Oui, un voyage d’un nulle part vers un ailleurs. Dès que l’endroit où je m’arrêtais commençait à s’attacher à moi, à me retenir dans l’agréable routine de ses jours, il fallait déjà m’en aller. Ce voyage ne connaissait que deux temps : l’arrivée dans une ville inconnue et le départ d’une ville […] Il y a six mois, j’arrivais à Munich et en sortant de la gare, je me disais avec beaucoup de sens pratique qu’il faudrait trouver un hôtel puis un appartement le plus près possible de mon nouveau travail à la radio.

À Paris, le matin, j’eus l’illusion fugitive d’un vrai retour : dans une rue, non loin de la gare, une rue encore mal réveillée en cette matinée de brume, je vis une fenêtre ouverte et l’intérieur d’une pièce respirant un calme simple et quotidien mais pour moi mystérieux, avec une lampe allumée sur la table, une vieille commode en bois sombre, un tableau légèrement décollé du mur. Je frissonnai, tant la tiédeur de cette intimité entrevue me parut tout à coup ancienne et familière. Monter l’escalier, frapper à la porte, reconnaître un visage, se faire reconnaître… Je me hâtai de chasser cette sensation de retrouvailles dans laquelle je ne voyais, alors, rien d’autre que la défaillance sentimentale d’un vagabond.

[…] Je m’en souvins quelques jours plus tard… J’étais assis sur un banc, au milieu d’un boulevard gorgé de bruine. À travers l’engourdissement de la fièvre, je sentais en moi comme un dialogue muet entre un enfant apeuré et un homme : l’adulte, inquiet lui-même, tentait de rassurer l’enfant en parlant sur un ton faussement enjoué. Cette voix encourageante me disait que je pouvais me lever et revenir au café pour prendre encore un verre de vin et rester une heure au chaud. Ou descendre dans la moiteur tiède du métro. Ou même essayer de passer encore une nuit à l’hôtel sans avoir plus de quoi payer. Ou, le cas échéant, entrer dans cette pharmacie à l’angle du boulevard et m’asseoir sur une chaise en cuir, ne pas bouger, me taire et quand les gens viendront s’attrouper autour de moi, chuchoter tout bas : « Laissez-moi tranquille, une minute, dans cette lumière et cette chaleur. Je m’en irai, je vous le promets… »

Andreï Makine, Le testament français, Mercure de France, 1995

Texte 2 NS – Comment peut-on être français ?

Mon arrivée à Paris fut un miracle. Quoi? Nulle fatalité ne condamnait les femmes à se dissimuler dans l’ombre étouffante du voile? On pouvait à loisir se promener où l’on voulait? Aucune police des moeurs ne décidait à votre place de ce qu’il vous était loisible de dire ou de faire?

Il faut avoir connu les rigueurs de l’obscurantisme pour apprécier à leur juste valeur les joies simples de la vie quotidienne, dont ceux qui n’en ont jamais été privés, à mesure qu’ils en perdent la saveur, oublient la nécessité. Marcher tête nue sous la bruine d’automne ou du premier soleil du printemps, prendre un verre à la terrasse d’un café, faire la queue à la porte d’une salle de spectacle en bavardant avec ses voisins sans considération de leur sexe, se laisser aller, chantonner, rêver, prendre le bras de celui qui vous plaît et, pourquoi pas? L’embrasser en public sans gêne particulière: toutes ces attitudes, tous ces gestes qui paraissent naturels aux jeunes Parisiennes d’aujourd’hui sont impensables dans le pays d’où je viens, le pays de la peur et de la honte
[…]
Depuis que je suis à Paris, ma famille, mes souvenirs se présentent souvent à mon esprit, une inquiétude m’envahit et me fait retrouver ce que depuis toujours j’ai tenté de fuir. Ce qui m’afflige le plus, ce n’est peut-être rien d’autre que d’être dévorée par le passé .
[…]
Je pensais que le monde du passé, c’était le monde d’hier, fini, terminé. Je pensais que je commencerais une nouvelle vie, dans un nouveau monde, dans un nouveau pays, dans une nouvelle langue. J’étais crédule et pensais que les choses nouvelles me feraient perdre la mémoire des choses passées. Je courais en avant pour fuir le passé, mais il courait plus vite que moi, il m’a attrapée.

Chahdortt Djavann, Comment peut-on être français ?, Flammarion, 2006