6.2 Dépendances

6.2.1 La consommation des drogues et de l'alcool

Malgré les campagnes de sensibilisation, la consommation des drogues et d’alcool demeure à un niveau relativement élevé chez les jeunes. L’ivresse est liée à l’idée de fête et des nombreux jeunes ne comprennent pas les risques liés à la consommation d’alcool et drogues. De telles habitudes comportent évidemment des risques, d'abord pour la santé : troubles respiratoires, élévation de la probabilité d'avoir un cancer du poumon, des problèmes cardiovasculaires, etc.
Mais les effets peuvent aussi être immédiats. En particulier, trop boire d'alcool peut entraîner un coma éthylique, une perte de connaissance loin d'être anodine puisqu'elle peut conduire à la mort si l'individu n'est pas pris en charge à temps.
D'autre part, conduire en ayant consommé de la drogue ou de l'alcool est particulièrement dangereux dans la mesure où cela diminue la vigilance, altère les réflexes et augmente la gravité des accidents. À lui seul, l'alcool entraîne 1 000 décès par an et est aujourd'hui la première cause de mortalité sur les routes en France (source : INPES, 2016).

6.2.1b

Image 6.2.1b – Des ados de plus en plus jeune à la dérive

Par ailleurs, les effets des drogues et de l'alcool sont également psychologiques, rappelle l'INPES : « son pouvoir désinhibant et la modification des comportements peuvent conduire à des rapports sexuels non protégés et/ou non prévus, exposant potentiellement les jeunes filles à des grossesses non désirées et les deux partenaires aux infections sexuellement transmissibles et au VIH ». Enfin, une consommation régulière peut créer une démotivation pour les études et une agressivité avec sa famille et ses amis.
Tous ces indicateurs semblent connus. Et pourtant, les consommateurs ne se rendent pas toujours réellement compte des risques qu'ils encourent : à 16 ans, seuls « 51 % des Français sont conscients du risque lié à la consommation de cinq verres ou plus chaque week-end », souligne l'INPES.
Cette faible perception du risque est liée à ce que les spécialistes appellent une « véritable attitude de déni ».

Vers l’oral interactif

Regardez le reportage et répondez en suite aux questions de la fiche texte 2.

Vers l’oral individuel...

Choisissez une des images proposées dans la gallérie et présentez pendant 4 minutes.

Production écrite

Rédigez une brochure à l’usage des élèves de votre école qui met en garde face aux dangers liés à la consommation de l’alcool et de drogues.
Comment? Consultez la page 14.1.8 pour réviser les stratégies d’écriture de la brochure.

Section B niveau supérieur

« La jeunesse d’aujourd’hui est sans tabous et sans limites ». Discutez cette affirmation en exprimant votre point de vue en 150 à 250 mots.

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Image 6.2.1a – Les dépendances
La drogue et l’alcool sont la première cause, directe et indirecte, de mort chez les 15-25 ans. Son achat se fait aussi en ligne.

Textes et fiches à télécharger

Texte 1
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Fiche texte 2 Word | PDF

Lexique thématique

  • défonce
  • addiction
  • addictologies
  • dépendance
  • déni
  • dérive
  • abus
  • toxicomane
  • toxicomanie
  • accro

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Image 6.2.1c – Les campagnes de sensibilisations

Profil de l’apprenant

Equilibré et Informé : L’apprenant réfléchit aux causes des abus dans la société et s’informe sur les dangers que les jeunes qui consomment des substances altérantes courent.

6.2.1d

Image 6.2.1d – Les dépendances acceptées

Théorie de la connaissance

Les drogues comme l’alcool altèrent notre perception. Donnez d’autres exemples de perception altérée de la réalité. Quelles en sont les explications ?

Texte 1 – Le cercle vicieux de l’addiction

Le cercle vicieux de l’addiction
par rue des écoles, 2016

« Je suis jeune et en bonne santé, je ne crains rien ! Et puis, je saurai m'arrêter quand il le faudra… » Ces phrases, on les entend couramment quand on parle de drogues et leurs auteurs sont généralement de bonne foi, intimement convaincus de ce qu'ils disent. Mais la réalité est loin d'être aussi simple.
Médecin spécialiste des addictions et directeur général de la Clinique Montevideo à Paris, William Lowenstein, détaille les trois paliers successifs liés à la consommation de drogues ou d'alcool : l'usage, l'abus et la dépendance.

« L'usage correspond à la phase où l'on consomme des substances en les appréciant sans qu'il y ait d'effet nocif : la relation à l'autre est facilitée, on dort mieux, on est plus optimiste… Et le lendemain, on ne ressent ni angoisse, ni gueule de bois ni déprime».
En revanche, on parle d'abus lorsque ces effets sont présents mais que l'on consomme tout de même : on sait que l'on prend un risque, mais on le fait malgré tout. 
Quant à la dépendance, elle survient « quand on perd le contrôle de sa consommation, quand vouloir n'est plus pouvoir, et quand le savoir n'est plus un pouvoir », explique le Dr Lowenstein. Autrement dit, quand on veut mais qu'on ne peut pas s'arrêter, malgré le fait d'être conscient que ce n'est pas bon pour la santé.
Mais, il faut le savoir : nous sommes inégaux devant le phénomène d'addiction. Si la génétique entre ici en ligne de compte, nous avons également des périodes de plus ou moins grande vulnérabilité, en fonction des événements de la vie, mais aussi du stress. 

Par ailleurs, « la puberté constitue une période particulièrement fragile, prévient le Dr Lowenstein, où le risque de devenir dépendant est beaucoup plus grand, en raison notamment du dynamisme des cellules cérébrales : si l'on place une petite bombe dans un train à grande vitesse, on a plus de risques de tout faire dérailler ! ».

Pour mieux comprendre ces phénomènes et l'action des psychotropes sur son propre organisme, il est ainsi important de se poser sans mentir des questions concrètes : que recherche-t-on en consommant telle ou telle substance ? Qu'a-t-on vraiment apprécié ? Et surtout, qu'a-t-on ressenti quelques heures après ou le lendemain ? 

http://www.lemonde.fr/revision-du-bac/annales-bac/francais-premiere/drogues-alcool-tabac_coach-dos05.html